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La fresque des Québécois

fresque

Remarquable œuvre murale en trompe-l’œil qui raconte par l’image l’histoire de la capitale nationale du Québec, La Fresque des Québécois, peinte sur le mur nord de la maison Soumande où a été installé le nouveau parc De La Cetière, à Place-Royale à Québec, a été inaugurée le dimanche 17 octobre 1999.

Cette peinture murale de 420 m2 intègre de nombreux caractères propres à la capitale. Prenant appui sur les travaux d’un comité d’experts, les artistes ont conçu la fresque de manière à reconnaître Québec par le biais de son architecture, de sa géographie, de ses fortifications comme de ses escaliers. L’œuvre évoque en outre le rythme des saisons qui confèrent à la capitale des couleurs changeantes au fil des mois.

La Fresque des Québécois rend particulièrement hommage à une quinzaine de personnages qui ont marqué notre histoire depuis 465 ans. C’est ainsi que le visiteur est invité à découvrir les Jacques Cartier, Félix Leclerc, Louis de Buade comte de Frontenac, Louis-Joseph Papineau, Lord Dufferin, Alphonse Desjardins, Marie Guyart ainsi que Thaïs Lacoste-Frémont, François-Xavier Garneau, Samuel de Champlain, Louis Jolliet, Jean Talon, François de Laval, Catherine de Longpré, Marie Mallet et Marie Fitzbach.

De plus, la fresque honore des dizaines d’auteurs et d’artistes dans une librairie baptisée du nom d’Octave Crémazie. Elle permet aussi de découvrir des hockeyeurs célèbres, des métiers d’antan et toute une ménagerie qui se révèle au fil de l’observation.

La SODEC, propriétaire de la maison Soumande, a profité de l’occasion pour réaménager complètement le parc De La Cetière en un lieu convivial mettant en valeur, de jour comme de nuit, la fresque et les vestiges archéologiques qui s’y trouvent, grâce à une mise en lumière conçue spécialement pour le lieu.

Pour participer à la réalisation de la fresque aux côtés des artistes de Cité de la Création, trois Québécois, Hélène Fleury, Marie-Chantale Lachance et Pierre Laforest avaient été choisis par un jury présidé par John R. Porter, directeur général du Musée du Québec.

Depuis 1978, l’atelier Cité de la Création de Lyon a réalisé plus de 200 fresques à travers le monde. Ce regroupement d’artistes a développé une expertise unique dans cette forme d’art social et populaire s’intégrant parfaitement aux villes et aux quartiers et reflétant les réalités de leurs habitants.

Sur l’initiative de la Commission de la capitale nationale du Québec et de la Société de développement des entreprises culturelles du Québec, et grâce au talent des artistes, à leurs pinceaux et aux peintures Laurentide, La Fresque des Québécois constitue un nouvel attrait touristique incontournable à Place-Royale.

Les institutions

Administration portuaire de Québec
Archives de la Ville de Québec
Archives nationales du Canada
Archives nationales du Québec à Québec
Assemblée nationale
Association hôtelière de la région de Québec
Commission de Place-Royale
Conseil du statut de la femme
Fondation Félix-Leclerc
Maison Michel-Sarrazin
Ministère de la Culture et des Communications
Ministère des Relations internationales
Musée de la civilisation
Musée du Québec
Office du tourisme et des congrès de la CUQ
Service de l’environnement de la Ville de Québec
Soeurs Augustines de la Miséricorde de Jésus
Sœurs de la Charité de Québec
Sœurs du Bon-Pasteur de Québec
Sœurs Ursulines de Québec
Télé-Québec
Université du Québec à Hull

Les entreprises

Amyot, Côté, Leahy, architectes
CIMA +
Commerçants de Place-Royale
Échafaudage Plus
Entreprises Paradis paysagistes inc.
Entretien résidentiel et commercial B.O.C. enr.
Gervais Jacques inc.
Granite Dumas & Voyer
Groupe conseil SID inc.
Les Maçonneries Gilles Ouellet inc.
Pavescompte
Peinture Laurentide
Restaurant Le Délice du Roy
Tecsult inc.

Les individus

Aurélien Boivin, conseiller scientifique
Laurent Bouchard, membre du jury d’artistes
Marie-Charlotte de Koninck, membre du jury d’artistes
Henri Dorion, président du comité consultatif
Jacques Genest, membre du jury d’artistes
Michelle Giroux, prêteuse
Nicolas Giroux, chercheur
Pierre Giroux, archéologue
Daniel Gross, membre du comité consultatif
Valérie Laforge, chercheuse
Kenneth Landry, conseiller scientifique
Louise Leblanc, photographe
Georges-Pierre Léonidoff, conseiller scientifique
Yvon Létourneau, arpenteur-géomètre
Luc Noppen, conseiller scientifique
Marianna O’Gallagher, prêteuse
John R. Porter, président du jury d’artistes
Jean Provencher, membre du comité consultatif
Mario Munger, caméraman et réalisateur
Sabiha Torun, architecte

La réfection du mur

420 m2 de surface sur 5 étages
6000 nouvelles briques
60 tonnes de calcaire
3000 sacs de ciment
6 conteneurs de rebuts du mur

La réalisation de la peinture murale

12 personnes
9 semaines
2550 heures
180 calques de 1,5 sur 2 m2
200 pinceaux
120 rouleaux
600 litres de peinture
50 couleurs de base
350 tons de couleurs

La mémoire du projet

1467 photos de travail
50 cassettes vidéo de 60 minutes
25 jours de tournage
100 heures de montage
2 vidéos

La restauration des maisons Smith et Hazeur

Contexte

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Portée par la Révolution tranquille, la restauration de Place-Royale s’amorce durant les années soixante sous l’impulsion de la Loi concernant la Place-Royale à Québec. Alors à ses débuts, le ministère des Affaires culturelles agit comme maître d’œuvre en s’inspirant du modèle français en matière de patrimoine.

Des travaux importants de démolition, puis de reconstruction sont exécutés dans les années soixante-dix pour recréer l’architecture du régime français. En 1978, le fameux colloque Place-Royale marque une pause. Il permet de recentrer l’action du ministère en favorisant dorénavant une pluralité de fonctions urbaines : résidentielle, commerciale, institutionnelle. Au plan institutionnel, l’interprétation est alors affirmée comme le principe moteur devant guider l’action du gouvernement.

Prenant le relais en 1989, la SODEC a poursuivi selon cet axe de développement. Cependant, avec l’incendie de la maison Hazeur en avril 1990, la restauration du dernier côté du carré de la place revenait à l’avant-plan avec beaucoup d’acuité.

Par surcroît, malgré l’énoncé du colloque en faveur de l’interprétation, aucun immeuble ne fut restauré spécifiquement pour cette fonction au cours des années. Place-Royale, lieu historique national, ne recelait pas de bâtiment dédié pour faire connaître son histoire et animer son site.
En conséquence, le gouvernement du Québec, en mai 1996, autorisait la SODEC à procéder aux études préparatoires en vue de l’implantation d’un centre d’interprétation dans les maisons Smith et Hazeur et désignait comme partenaire de la SODEC, le Musée de la civilisation en tant que gestionnaire du centre.

Afin de poursuivre l’œuvre de restauration en respectant le principe de mixité des fonctions, le premier geste de la SODEC dans cette nouvelle entreprise fut de créer la Commission de la Place-Royale pour l’aviser sur l’équilibre à rechercher entre les différentes vocations existantes.

Composée de représentants des différents intervenants concernés, la Commission procurait l’occasion d’établir un dialogue constructif et respectueux entre les forces présentes pour dégager une volonté commune, nécessaire au parachèvement de la place. Ainsi, grâce au travail de cette Commission, il fut possible d’articuler une programmation consensuelle comprenant un centre d’interprétation, huit logements et un espace commercial.

Forte de ce consensus, la SODEC a opté pour l’organisation d’un concours national d’idées en architecture, afin d’octroyer la commande architecturale. Cette approche offrait l’opportunité de confronter la pratique réinventive des architectes à une trame urbaine unique, située dans l’arrondissement historique de Québec, qui est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Site aux multiples visages, lieu symbolique paré d’histoire, localisation à la topographie particulière, environnement réglementaire strict : Place-Royale englobe chacune de ces variables pour les traduire dans un ensemble urbain d’une grande richesse.

Face à la problématique des exigences du lieu, le projet de restauration et de reconstruction des maisons Smith et Hazeur exprime l’intelligence et la sensibilité de la conception contemporaine.

SODEC
Commission de la Place-Royale
Musée de la civilisation
Ministère de la Culture et des Communications
Ville de Québec

Louise Amiot, Suzanne Bergeron, architectes   Conseillers à la programmation
Bergeron Gagnon inc.  Consultants en patrimoine culturel
Gauthier Guité Daoust Lestage inc.  Architecture design urbain
Noppen Morisset  Historiens de l’art
Groupe-conseil Génivar inc.  Ingénérie
GSM Design / aménagement, communication visuelle et exposition inc.  Muséologie
Rocois construction inc.  Entrepreneur général

 

Plan de la Place RoyaleLe projet de la Place-Royale au sein des Maisons Hazeur et Smith, s’articule autour de quelques grands gestes :

 

  • la création du passage du Roi, escalier extérieur en référence aux escaliers typiques de Québec, (l’escalier Casse-Cou du Petit Champlain, Cul-de-Sac, etc.) permettant un cheminement au cœur des deux lots;
  • la construction face au mur mitoyen (séparant les lots Hazeur et Smith) d’un mur vitrine, grande paroi de verre permettant la mise en valeur du pouvoir évocateur des empreintes et traces vestiges de l’ancien mur depuis le Centre d’Interprétation et à l’inverse, assurant depuis le Passage du Roi, une lecture des entrailles du Centre et de ses plateaux-exposition flottants;
  • la définition depuis Côte de la Montagne, d’une porte cochère donnant accès au Passage du Roi, cadrée par les bannières événementielles du Centre et par un signal lumière, terminaison du mur vitrine permettant l’étalage des expositions du centre en tout temps;
  • la mise en lumière du projet notamment le mur des empreintes, le Passage du Roi et la maison Hazeur valorisant ainsi le Centre de jour et de nuit.

En matière de traitement de l’enveloppe extérieure :

  • la façade réarticulée de la Maison Hazeur sur Place-Royale permet une lecture de l’entrée du Centre et du Passage du Roi;
  • la Maison Smith restaurée, intègre un commerce au rez-de-chaussée et des habitations aux étages;
  • la façade sur Côte de la Montagne mise à la fois sur une expression architecturale classique et contemporaine. Toutes de pierre calcaire, les façades complètent le cadre bâti environnant de même gabarit.

À l’intérieur, afin d’optimiser le pouvoir évocateur des vestiges et de conjuguer à la fois le passé et le présent, le Centre mise sur la transparence :

  • au moyen du mur vitrine permettant d’entrevoir les voûtes en sous-sol, le passage du Roi, le mur des empreintes;
  • par le dégagement du hall d’entrée sur trois étages;
  • par la création de plateaux d’exposition flottants désolidarisés de la coquille du bâtiment;
  • par la création d’un puits de circulation verticale sur les traces de l’ancienne cour;
  • par la définition d’un espace multimédia adossé à la paroi de pierres sous la Côte de la Montagne.

Enfin, dans le but d’enrichir les parcours intérieurs et extérieurs au sein du Centre d’interprétation, sont définis deux belvédères aux localisations privilégiées :

  • celui surplombant les vestiges de la Cour Smith;
  • celui de la toiture-terrasse permettant de jeter un regard de premier plan sur la Place-Royale.
Coupe longitudinale- Maison Smith
Coupe longitudinale- Maison Smith

 

Coupe longitudinale - escalier extérieur (Passage du roi)
Coupe longitudinale – escalier extérieur (Passage du roi)

 

Coupe longitudinale - Maison Hazeur
Coupe longitudinale – Maison Hazeur

 

Coupe transversale - Cour extérieure
Coupe transversale – Cour extérieure

 

Le projet de restauration et reconstruction des maisons Smith et Hazeur, par sa volonté d’intégration au contexte du Vieux-Québec, mise sur l’utilisation de la pierre calcaire pour toutes les nouvelles parois extérieures.

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  • Le granite magpie assure les assises du bâtiment sur la Côte de la Montagne.
  • L’acier ceinture et souligne les éléments architectoniques du projet (garde-corps, fenestration).
  • Le bois rouge garnison complète le travail de restauration de la maison Smith.
  • Les essences de bois à l’intérieur définissent les parois du bloc services et le meuble de l’entrée (bois 1).
  • Des planchers en érable (bois 2) pour les plateaux-exposition de l’étage complètent l’utilisation du bois.