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Depuis 1989, la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) est propriétaire d'un parc immobilier patrimonial, dont la majorité des immeubles forme l'ensemble Place-Royale à Québec.

La mission de la SODEC consiste à protéger et à mettre en valeur ce patrimoine. Afin de l'aider à remplir sa mission, la SODEC a institué la Commission de Place-Royale. Formée de représentants des groupes présents à Place-Royale, la Commission est un mécanisme permanent de consultation qui incarne la participation citoyenne dans une approche de responsabilité partagée avec l'État. La Commission fournit des avis sur les questions qui lui sont soumises ou sur les sujets qu'elle souhaite aborder.

En matière de patrimoine immobilier, la SODEC traite des problématiques de restauration, mais elle intègre aussi à son action les préoccupations qui touchent les milieux de vie. En l'occurrence à Place-Royale, elle cherche à favoriser la cohabitation entre les différentes fonctions : résidentielle, commerciale, culturelle et touristique. Cette volonté s'exprime également dans l'établissement de partenariats.

Nous vous invitons à consulter la liste des immeubles dont la SODEC est propriétaire (ci-dessous).

La restauration des maisons Smith et Hazeur

Partenaires

SODEC
Commission de la Place-Royale
Musée de la civilisation
Ministère de la Culture et des Communications
Ville de Québec

Professionnels

Louise Amiot, Suzanne Bergeron, architectes   Conseillers à la programmation
Bergeron Gagnon inc.  Consultants en patrimoine culturel
Gauthier Guité Daoust Lestage inc.  Architecture design urbain
Noppen Morisset  Historiens de l'art
Groupe-conseil Génivar inc.  Ingénérie
GSM Design / aménagement, communication visuelle et exposition inc.  Muséologie
Rocois construction inc.  Entrepreneur général

Perspective de la Place Royale 1Perspective de la Place Royale 2

Contexte

Portée par la Révolution tranquille, la restauration de Place-Royale s'amorce durant les années soixante sous l'impulsion de la Loi concernant la Place-Royale à Québec. Alors à ses débuts, le ministère des Affaires culturelles agit comme maître d'œuvre en s'inspirant du modèle français en matière de patrimoine.

Des travaux importants de démolition, puis de reconstruction sont exécutés dans les années soixante-dix pour recréer l'architecture du régime français. En 1978, le fameux colloque Place-Royale marque une pause. Il permet de recentrer l'action du ministère en favorisant dorénavant une pluralité de fonctions urbaines : résidentielle, commerciale, institutionnelle. Au plan institutionnel, l'interprétation est alors affirmée comme le principe moteur devant guider l'action du gouvernement.

Prenant le relais en 1989, la SODEC a poursuivi selon cet axe de développement. Cependant, avec l'incendie de la maison Hazeur en avril 1990, la restauration du dernier côté du carré de la place revenait à l'avant-plan avec beaucoup d'acuité.

Par surcroît, malgré l'énoncé du colloque en faveur de l'interprétation, aucun immeuble ne fut restauré spécifiquement pour cette fonction au cours des années. Place-Royale, lieu historique national, ne recelait pas de bâtiment dédié pour faire connaître son histoire et animer son site.
En conséquence, le gouvernement du Québec, en mai 1996, autorisait la SODEC à procéder aux études préparatoires en vue de l'implantation d'un centre d'interprétation dans les maisons Smith et Hazeur et désignait comme partenaire de la SODEC, le Musée de la civilisation en tant que gestionnaire du centre.

Afin de poursuivre l'œuvre de restauration en respectant le principe de mixité des fonctions, le premier geste de la SODEC dans cette nouvelle entreprise fut de créer la Commission de la Place-Royale pour l'aviser sur l'équilibre à rechercher entre les différentes vocations existantes.

Composée de représentants des différents intervenants concernés, la Commission procurait l'occasion d'établir un dialogue constructif et respectueux entre les forces présentes pour dégager une volonté commune, nécessaire au parachèvement de la place. Ainsi, grâce au travail de cette Commission, il fut possible d'articuler une programmation consensuelle comprenant un centre d'interprétation, huit logements et un espace commercial.

Forte de ce consensus, la SODEC a opté pour l'organisation d'un concours national d'idées en architecture, afin d'octroyer la commande architecturale. Cette approche offrait l'opportunité de confronter la pratique réinventive des architectes à une trame urbaine unique, située dans l'arrondissement historique de Québec, qui est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Site aux multiples visages, lieu symbolique paré d'histoire, localisation à la topographie particulière, environnement réglementaire strict : Place-Royale englobe chacune de ces variables pour les traduire dans un ensemble urbain d'une grande richesse.

Face à la problématique des exigences du lieu, le projet de restauration et de reconstruction des maisons Smith et Hazeur exprime l'intelligence et la sensibilité de la conception contemporaine.

Les éléments de composition du projet

Le projet de la Place-Royale au sein des Maisons Hazeur et Smith, s'articule autour de quelques grands gestes :

Plan de la Place Royale
  • la création du passage du Roi, escalier extérieur en référence aux escaliers typiques de Québec, (l'escalier Casse-Cou du Petit Champlain, Cul-de-Sac, etc.) permettant un cheminement au cœur des deux lots;
  • la construction face au mur mitoyen (séparant les lots Hazeur et Smith) d'un mur vitrine, grande paroi de verre permettant la mise en valeur du pouvoir évocateur des empreintes et traces vestiges de l'ancien mur depuis le Centre d'Interprétation et à l'inverse, assurant depuis le Passage du Roi, une lecture des entrailles du Centre et de ses plateaux-exposition flottants;
  • la définition depuis Côte de la Montagne, d'une porte cochère donnant accès au Passage du Roi, cadrée par les bannières événementielles du Centre et par un signal lumière, terminaison du mur vitrine permettant l'étalage des expositions du centre en tout temps;
  • la mise en lumière du projet notamment le mur des empreintes, le Passage du Roi et la maison Hazeur valorisant ainsi le Centre de jour et de nuit.

En matière de traitement de l'enveloppe extérieure :

  • la façade réarticulée de la Maison Hazeur sur Place-Royale permet une lecture de l'entrée du Centre et du Passage du Roi;
  • la Maison Smith restaurée, intègre un commerce au rez-de-chaussée et des habitations aux étages;
  • la façade sur Côte de la Montagne mise à la fois sur une expression architecturale classique et contemporaine. Toutes de pierre calcaire, les façades complètent le cadre bâti environnant de même gabarit.

À l'intérieur, afin d'optimiser le pouvoir évocateur des vestiges et de conjuguer à la fois le passé et le présent, le Centre mise sur la transparence :

  • au moyen du mur vitrine permettant d'entrevoir les voûtes en sous-sol, le passage du Roi, le mur des empreintes;
  • par le dégagement du hall d'entrée sur trois étages;
  • par la création de plateaux d'exposition flottants désolidarisés de la coquille du bâtiment;
  • par la création d'un puits de circulation verticale sur les traces de l'ancienne cour;
  • par la définition d'un espace multimédia adossé à la paroi de pierres sous la Côte de la Montagne.

Enfin, dans le but d'enrichir les parcours intérieurs et extérieurs au sein du Centre d'interprétation, sont définis deux belvédères aux localisations privilégiées :

  • celui surplombant les vestiges de la Cour Smith;
  • celui de la toiture-terrasse permettant de jeter un regard de premier plan sur la Place-Royale.
Coupe longitudinale- Maison Smith Coupe longitudinale - escalier extérieur
(Passage du roi)
Coupe longitudinale—Maison Smith Coupe longitudinale - escalier extérieur (Passage du roi)
Coupe longitudinale - Maison Hazeur Coupe transversale - Cour extérieure
Coupe longitudinale - Maison Hazeur Coupe transversale - Cour extérieure

Les matériaux de construction

Le projet de restauration et reconstruction des maisons Smith et Hazeur, par sa volonté d'intégration au contexte du Vieux-Québec, mise sur l'utilisation de la pierre calcaire pour toutes les nouvelles parois extérieures.

Matériaux de construction

  • Le granite magpie assure les assises du bâtiment sur la Côte de la Montagne.
  • L'acier ceinture et souligne les éléments architectoniques du projet (garde-corps, fenestration).
  • Le bois rouge garnison complète le travail de restauration de la maison Smith.
  • Les essences de bois à l'intérieur définissent les parois du bloc services et le meuble de l'entrée (bois 1).
  • Des planchers en érable (bois 2) pour les plateaux-exposition de l'étage complètent l'utilisation du bois.